ROSA

BESATT
9 STYCKEN
FRANCIAS

un vivant est plus mort qu’un mort
une morte de plus
est morte dans la nuit d’hier
elle hante errante
errante en chemin
elle ne veut pas aller dans ma direction
elle ne veut plus qu’on rencontre
elle est morte pour moi dans la nuit d’hier
elle est bien plus éloignée pour moi qu’elle dans sa tombe
elle dans sa tombe écoute mes mots
elle dans sa tombe veut rester dans ma vie
elle dans sa tombe m’envahie
elle dans sa tombe me veut
errante sur le trottoir
quelque part
morte pour moi
plus morte qu’elle dans sa tombe
je connais plusieurs morts

je me sens plus long que d’habitude
plus long que la seconde d’avant
je regarde parterre
je n’ai pas besoin de chaussures
à haut talon
les canapéites sont petits
je me sens plus court que la
seconde d’avant
je sors pars le seuil de l’entrée
j’ai un petit schtroumphe tout bleu
?je suis petit comment
!tu n’es pas un schtroumphe
je suis un petit schtroumphe bleu

ivresse
pause
ne crois pas que je suis fou
j’ai une chèvre dans ma tête
je n’en peux plus
si je meurs, on ne se verra plus
mais le chèvre tu la gardes
bouge avec ton sourire écoeurant pour
que ma douleur se voit

devant la voiture sautent de petits cerveaux
un devant l’autre
en file indienne
je vois une force battante
je chante sans corps
apparemment en effusion de sang

j’ai une amie
elle ne peut pas parler
respire dans mon aquarium
elle est dans mon aquarium
dans mon aquarium
je déplace un apoumon
je déplace un Coeur
elle vit
dans mon aquarium
j’ai une amie

je lis un manuel d’utilisation
une bonne nuit en fable pour un enfant
je lis comment on change l’encre
d’une laserjet 4mv
une imprimante noir et blanc
l’enfant sommeille
j’imprime

je vois tout de l’intérieur
la reine Silvia
vous marchez
vous êtes sur moi
mais je vis
je vous vois de l’intérieur

je gîs enfoncé dans le goudron
des gravillons me percent à nu le corps
je vomis le repas digéré
cela sent le gateau
on me soulève et jete avec force dans la rue
je rampe au milieu de la rue vers la lumière la plus proche
le sol est froid
ligne blanche
avec mes yeux déchus je vois
un lecteur de cassettes
devant ma tête
du son sort des haut-parleurs
toi pauvre pauvre si petit
ça fleurit dans mon cerveau
la tête rencontre le dur quand mon corps
est soulevé
et jeté une fois encore dans la rue
prends ma pierre
elle disparait si tu avales
avec quelque peu d’exaltation
cloues-moi et je serais toujours là
escalades la fasade
sauvé par le gong
sous le goudron paradis

ferme le réfrigérateur
assis-toi
la chaleur vient de moi
tu sens la chaleur
le froid s’adoucit
assis-toi et écoute
la chaleur vient pour toi
une goutte en échange de ta main
j’attrape une goutte
la goutte de chaleur pour toi